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UNE AFFAIRE QUI ROULE

8 novembre 2011 Chronique Pas de commentaire
Publié par Frédéric LABOUREUR
Intérieur cuir pour la Ferrari Testa Rossa 1957 !

Réglé comme du papier à musique, les développeurs de Turn 10 Studios nous abreuve tous les deux ans, et ce depuis six ans déjà, de l’elixir sacré du monde automobile, à savoir FORZA MOTORSPORT ! La méthode est simple : on optimise, on garde ce qui marche, on dégage ce qui ne fait pas l’unanimité et on obtient à chaque fois une nouvelle mouture toujours plus aboutie. Et FORZA MOTORSPORT 4 ne déroge pas à la règle, puisqu’il rassemble encore plus de bolides, encore plus de circuits, encore plus de graphismes et encore plus de détails ! Et tout ça, rien que pour nous !

Créé à l’origine pour contrer GRAN TURISMO sur Playstation, FORZA MOTORSPORT est l’une des rares licences encore exclusives à la XBOX 360, et il est intéressant d’analyser les deux méthodes de développement complètement opposées sur ces deux titres. D’un côté, Turn 10 Studios mise sur de l’incrémental, en peaufinant son produit sans remettre tout en question, avec une date de sortie planifiée bien à l’avance, quitte à virer les développements non finalisés. De l’autre, Sony et le designer Kazunori Yamauchi misent sur une refonte quasi totale de la licence, en ajoutant d’un coup des tonnes de nouvelles fonctionnalités. Résultat des courses : GRAN TURISMO 5 a connu un développement de près de cinq ans, au risque de créer une attente tellement forte qu’elle ne pouvait finalement déboucher que sur une remise en question. Pas forcément au niveau des ventes (le jeu s’est vendu à près de 7 millions d’exemplaires dans le monde, en seulement quelques mois), mais au sein de la communauté, dont une certaine partie a fait part de sa déception. Et beaucoup de choses ont changé durant ses longues années de gestation, à tel point qu’il serait inconscient de ne pas prendre en compte l’ascension de la licence FORZA MOTORSPORT, dont ce quatrième opus est tellement vaste qu’on ne sait par quel bout le prendre. Pour vous donner une vague idée, j’ai piloté pendant 15h et je suis à 5% de la carrière. Vu comme ça, ça fait peur !

Cependant, le premier contact avec FORZA MOTORSPORT 4 se fait en douceur, au volant d’une Ferrari Enzo bien péchue qui nous permet de faire un tour de piste dans les Alpes, avec toutes les aides activées : ça freine et ça tourne tout seul ! Cette petite mise en jambe permet de mesurer votre niveau de pilotage et de choisir par la suite des réglages adaptés. Chacun y trouvera son compte, du novice ayant juste envie de faire quelques tours de piste au volant de bolides mythiques, au pilote chevronné qui voudra avant tout ressentir les comportements de la voiture sur la piste. Pour être franc, en dessous du mode estampillé « Difficile », FORZA MOTORSPORT 4 tient plus du jeu d’arcade que de la simulation à proprement parler, donc ceux qui veulent se lancer dans une carrière longue mais passionnante, autant opter pour ce mode d’entrée de jeu. Chaque course donne le choix entre trois épreuves, en fonction de votre voiture actuelle, avec à la clé des récompenses différentes (notons que le véhicule le plus puissant de la classe amateur est une Citroën C1, mais on évolue rapidement vers des voitures un peu plus sérieuses). Ce point est primordial, car il assure le caractère unique de chaque carrière : si vous decider de vous amouracher d’un Ferrari 512 GT, les épreuves proposées vont le prendre en compte, qu’elles se situent dans une veine classique (course, contre la montre, duel) comme plus folklorique (shooter des quilles, passer entre des plots). Et plus vous pilotez bien, plus vous serez payé, puisque chaque virage, dérapage ou aspiration parfaitement négocié augmente vos gains, donc votre progression. Un peu comme si le système de XP propre aux jeux multi-joueurs et aux jeux d’action trouvait ici son pendant dans le jeu de course. En outre, FORZA MOTORSPORT 4 propose les circuits déjà présents dans les précédents jeux (et en ajoute évidemment quelques uns de plus), mais sous le prisme d’un nouveau moteur graphique particulièrement impressionnant puisque les détails s’enchaînent à un rythme effréné, le tout en 60 images/secondes. Dans ce sens, le rythme quotidien (aube, midi, soirée) et la gestion de l’éclairage, particulièrement en mode cockpit, apportent une nouvelle dimension aux pures sensations d’immersion propre à la licence. Il est tout de même déconseillé de lever le nez du volant pour admirer le paysage. J’ai testé pour vous, j’ai fini dans le mur ! Quoi qu’il en soit, tout est mis en oeuvre pour aller dans le sens du joueur, que ce soit dans l’aspect communautaire du titre comme dans son habillage visuel de premier ordre. Sans surprise, les courses en ligne sont toujours aussi nerveuses, un mode rival offre la possibilité de se mesurer aux « ghosts » des autres joueurs et la salle d’enchère permet de vendre ou acheter son matériel (voitures, peintures, réglages, etc.). Pour les fans de belles mécaniques, l’autovista permet de faire un tour virtuel de chaque voiture et d’afficher des informations sur ses différents composants : moteur, peinture, marque, prises d’air, echappement, coffre et plus encore. Une mine d’information d’autant plus bluffante que le moteur de rendu est encore plus précis que celui utilisé durant les courses ! Enfin, Microsoft oblige, il est possible d’utiliser le Kinect pour faire le tour de la voiture et la toucher pour plus de sensations (!!!), comme il est possible de piloter les voitures avec le capteur de mouvements de la XBOX 360, à condition de jouer en mode « Course rapide » puisque c’est le jeu qui accélère et freine automatiquement. Également disponible en mode carrière pour faire du « head tracking » et permettre de voir sur les côtés si on tourne légèrement la tête, la fonctionnalité tient plus du gadget un peu obligatoire que de la véritable implémentation réfléchie, à plus forte raison car on a vite fait de ne plus pouvoir suivre l’écran, qui ne bouge pas quant à lui !

Reste que le tableau n’est pas totalement idyllique concernant FORZA MOTORSPORT 4, et ce n’est pas forcément de la faute de Microsoft d’ailleurs. Difficile en effet de ne pas mettre un carton rouge à l’éditeur Electronic Arts qui, fort d’une licence exclusive sur la marque Porche pour ses jeux NEED FOR SPEED (dont SHIFT 2 UNLEASHED, qui se veut un concurrent direct de FORZA) a interdit aux développeurs de Turn 10 Studios d’inclure cette marque dans le jeu. On se croirait revenu au temps de FIFA et PES, et de la guerre des joueurs de foot exclusifs à chaque licence : une méthode de licensing qui bride clairement le potentiel et la concurrence entre les jeux, et devrait tout simplement être proscrite. Sorti de ça, FORZA MOTORSPORT 4, c’est du très très bon, et pour un supplément de frissons, on vous conseille de courir le circuit pavé d’Espagne en mode professionnel. Sur ce, j’y retourne, il me reste encore 95% de carrière à accomplir !

Abreuvé depuis l'enfance dans les meilleures auberges vidéo-ludiques, il a fait ses armes sur Amiga en se distinguant dans des jeux old school comme PROJECT X ou SUPERFROG pour finalement succomber aux charmes du PC et de ses fameux QUAKE et MOTORACER, version 3DFx ! Un moment absent de la scène gaming (inutile de lui parler Gamecube ou Playstation 2), il a finalement capitulé: comment résister à l'appel de GTA IV disponible à l'époque en exclu sur consoles ? Il est de retour et ça saigne déjà !
Frédéric LABOUREUR

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